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Saturday, December 8, 2012

Le déficit de l'Etat recule de 4,8 milliards d'euros sur un an

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Le déficit de l'Etat français a reculé de 4,8 milliards d'euros fin octobre par rapport à un an plus tôt, s'établissant à 94,6 milliards, "en cohérence" avec les prévisions du gouvernement, a annoncé vendredi 7 décembre le ministère du Budget.

Au 31 octobre 2011, le déficit du seul budget de l'Etat atteignait 99,4 milliards, rappelle Bercy dans un communiqué.

Selon le dernier projet de loi de finances rectificatives pour 2012 examiné en ce moment par le Parlement, le déficit de l'Etat doit s'établir à la fin de l'année à 86,2 milliards d'euros (83,6 milliards si on ne tient pas compte de la recapitalisation exceptionnelle de la banque Dexia).

Déficit public à 4,5% du PIB

Cela doit permettre à l'ensemble du déficit public, qui inclut aussi les comptes de la Sécurité sociale et des collectivités locales, de revenir comme promis à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) contre 5,2% en 2011.

Le gouvernement s'est engagé à ramener ensuite le déficit public à 3% du PIB en 2013, ce qui s'annonce plus compliqué selon les économistes et les institutions internationales en raison d'une croissance économique atone.

Hausse des dépenses mais baisse de la charge de la dette

Dans le détail, au 31 octobre 2012, les dépenses (budget général et prélèvements sur recettes) atteignent 320,1 milliards contre 310,8 milliards un an plus tôt. Cela inclut la dotation de 6,5 milliards versée en octobre au fonds de secours de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

"La dépense évolue au rythme attendu", assure Bercy. Le ministère souligne "l'impact positif du niveau historiquement bas des taux d'intérêt", qui permet à la charge de la dette de reculer légèrement par rapport à 2011.

Les recettes du budget général (nettes des remboursements et dégrèvements) s'établissent de leur côté à 231 milliards fin octobre contre 229,1 milliards un an plus tôt.

"Les encaissements de recettes fiscales à fin octobre sont en progression de 3,7 milliards par rapport à 2011", explique Bercy. Selon le ministère, "ces recouvrements sont globalement en ligne avec la prévision" du dernier collectif budgétaire.

(Avec AFP)

Wednesday, December 5, 2012

Conférence de Doha sur le climat : combien de milliards perdus avant d’agir ?

Première journée à la conférence sur le climat pour les parlementaires à Doha, au Qatar, et peu d’avancées en une semaine. Mais qui attend des résultats tangibles de cette conférence – parfois qualifiée de « transition » par la presse ?

Après tout, elle ne traite que de l’essentiel : le maintien de la vie sur Terre à la fin de ce siècle avec une hausse attendue de 5, 6 ou 7 degrés en raison de notre folie collective.

Et les sujets traités sont modestes : plus de 150 points de discussions sont à l’agenda, sur des thèmes tels que la lutte contre la déforestation (qui représente près de 20% des émissions), l’élimination des subventions aux énergies fossiles, l’agriculture, la comparabilité des réductions des émissions de gaz à effet de serre ou le montant de l’aide qui sera octroyée aux pays en développement d’ici 2020, le tout dans un contexte de compétition économique féroce.

En fait, l’issue à moyen terme de ces négociations – qui pour certains ne sont rien de moins que l’embryon d’un gouvernement mondial – décidera de notre modèle économique, de nos modes de développement et de notre futur commun en tant qu’humanité au cours de ce siècle.

Mais comment se prennent ces décisions ? Tous les textes sont adoptés par consensus et les quelque 2 000 négociateurs qui représentent les 193 pays présents sont soumis à une pression énorme pour « nettoyer » les textes de leurs crochets et réduire le nombre d’options sur la table, afin de permettre aux ministres d’avoir une vue d’ensemble des progrès et des blocages et de se livrer aux arbitrages nécessaires.

Le dur de la négociation commencera donc ce mardi, au moment du « segment ministériel » et s’amplifiera à partir de mercredi soir lorsque les textes issus des divers groupes de travail auront été finalisés, ouvrant la voie à d’intenses marchandages politiques qui dureront tard dans la nuit de vendredi à samedi.

Autrement dit, la gouvernance mondiale, dont est exclue la société civile, est plus que laborieuse. Et que discute-t-on concrètement au regard de l’immensité de ces sujets ?

Concrétiser juridiquement la deuxième période d’engagement sous le Protocole de Kyoto, déjà actée l’année dernière à Durban, et se mettre d’accord sur un calendrier de travail pour les négociations qui devront aboutir à un nouvel accord en 2015 (applicable en 2020).

Les négociations sont divisées en trois pistes de travail principales : le groupe de travail sur le Protocole de Kyoto doit aboutir au lancement d’une seconde période d’engagement du Protocole. En 2011, à l’issue de la conférence de Durban en Afrique du Sud, les sujets qui fâchent ont été laissés de côté et doivent maintenant être réglés pour permettre d’opérationnaliser cette seconde période.

Il s’agit en premier lieu du report ou de l’éventuelle suppression des quotas d’émissions excédentaires de la première période d’engagement, le fameux « air chaud ». L’Union européenne est fortement divisée sur cette question.

La durée de cette seconde période est un autre sujet de discorde. Pour des questions de cohérence de calendrier, l’Union européenne souhaite que cette période s’étale jusqu’en 2020 et l’entrée en vigueur du nouvel accord.

De leur côté, l’Alliances des petits Etats insulaires (AOSIS) et les pays les moins avancés (PMA), en première ligne face aux conséquences du changement climatique, souhaitent une échéance à 2017, date à laquelle les pays devraient d’après eux revoir leurs engagements à la hausse.

Un grand nombre de sujets doivent être réglés par le deuxième groupe de travail, sur « l’action concertée à long terme » sous la convention climat, qui concerne toutes les parties, même celles n’ayant pas ratifié Kyoto.

La revue des engagements « volontaires » de réduction issus de Copenhague, la comparabilité de ces engagements, notamment entre les pays Kyoto et les autres, les nouveaux mécanismes de marchés (terme qui recouvre la revendication de certains pays non signataires du Protocole de Kyoto de pouvoir quand même bénéficier des mécanismes de flexibilité !), et surtout la « vision partagée à long terme » (quels objectifs de réduction pour 2050 ?) et le principe d’équité (comment répartir les efforts ?), qui sera au cœur des négociations ces prochaines années et sur lequel j’aurai également l’occasion de revenir.

Ces deux groupes sont censés terminer leurs travaux à Doha et se « fondre » dans le troisième, la plateforme d’action issue de Durban, qui discute déjà des enjeux majeurs que sont le calendrier de travail d’ici 2015 pour aboutir à un nouvel accord, et des moyens de combler le déficit d’engagements de réduction d’ici 2020 par rapport aux baisses d’émissions que nous devrions atteindre à cette date, pour avoir une chance de limiter le changement climatique à 2 degrés.

Enfin, la question des financements sera discutée directement au niveau ministériel. Comment les pays développés entendent-ils mettre en œuvre leur promesse de fournir 100 milliards d’euros d’aide par an d’ici à 2020 ? Faut-il fixer un objectif intermédiaire de 60 milliards en 2015 comme certains le proposent ? Comment abonder le Fonds vert pour le climat, qui reste pour l’instant une coquille vide ?

Loin de constituer un détail, on s’en doute, ces aspects financiers sont considérés par les pays en développement comme un « make or break issue » (ça passe ou ça casse), autrement dit la clef d’un accord à Doha.

Il est clair que tant que le coût du changement climatique et celui de l’adaptation, que le rapport Stern avait mis sur la table, ne seront pas considérés comme un élément central de la crise économique et financière que nous vivons, les conférences sur le climat resteront cantonnées à un rôle apparemment mineur. Combien de Sandy et de milliards de dollars perdus dans les pays riches faudra-t-il pour que la raison élémentaire l’emporte ?

La facture de l'EPR gonfle de deux milliards d'euros

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EDF a annoncé lundi 3 décembre avoir relevé de 2 milliards d'euros son estimation du coût de la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), portée à 8,5 milliards d'euros inflation comprise, en partie à cause des problèmes et retards subis par le chantier.

Le géant français de l'électricité a toutefois maintenu le calendrier de mise en service de ce réacteur de 3e génération, tablant toujours sur un démarrage de la production en 2016.

Un calendrier qu'est venue confirmer Delphine Batho, ministre de l'Ecologie et de l'Energie. "Nous sommes maintenant dans une phase où 93% des travaux de génie civil - du gros oeuvre - sont réalisés (...) l'ouverture en 2016 sera tenue", a-t-elle dit à l'issue d'un séminaire gouvernemental à Matignon sur la transition écologique, soulignant que les chiffres publiés par EDF étaient un "élement de transparence".

EDF explique les surcoûts

Lundi, le groupe avait expliqué dans un communiqué avoir pris en compte dans cette révision à la hausse l'évolution du design de la chaudière (le coeur du réacteur), des études d'ingénierie supplémentaire, l'intégration de nouvelles exigences réglementaires, ainsi que des enseignements postérieurs à la catastrophe nucléaire de Fukushima intervenue l'an dernier au Japon.

De plus, il a tendu compte d'"aléas industriels", comme le remplacement des "consoles" (énormes pièces métalliques entourant le bâtiment réacteur, que le groupe a dû remplacer après la détection de défauts) et ses conséquences sur le planning des travaux, qui a dû être réaménagé, ainsi que de "l'impact financier de l'allongement des délais de construction".

Le coût de cet EPR avait déjà été quasiment doublé l'an dernier à 6 milliard d'euros, contre 3,3 milliards annoncés en 2005. Outre les 2 milliards de surcoûts, l'inflation porte le total à 8,5 milliards d'euros en valeur actualisée, selon le groupe.

L'an dernier, la mise en service du réacteur avait été repoussée à 2016, soit 4 ans de retard par rapport au calendrier d'achèvement initial.

A la Bourse de Paris, EDF perdait 2,31% à la mi-journée. (suivre le titre en direct)

(Avec AFP)

Monday, December 3, 2012

Grèce : 40 milliards d'euros pour un nouveau départ

Sur le même sujet» Ces 3 hommes tiennent le destin de la Grèce entre leurs mains» Grèce : l'effacement de la dette au coeur des débats à Bruxelles 

Grâce à l'engagement de ses créanciers obtenu de haute lutte, la Grèce espère mardi 27 novembre pouvoir prendre un nouveau départ. L'UE et le FMI se sont engagés à lui verser les prêts déjà promis et à prendre les mesures nécessaires pour réduire enfin le poids de son énorme dette.

"Une nouvelle journée commence pour tous les Grecs", a déclaré le Premier ministre grec Antonis Samaras, se félicitant de l'accord de la zone euro, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne annoncé à l'issue d'une réunion marathon à Bruxelles.

Athènes, dont les caisses sont vides et qui a récemment été contrainte d'adopter un nouveau train de mesures de rigueur, avait attendu avec impatience depuis plusieurs semaines l'accord entre la zone euro et le FMI sur sa dette, qui était un préalable au déblocage des tranches des prêts retardés depuis des mois.

Un pas déterminant

"Le cadre décidé à l'Eurogroupe est un nouveau départ dont le pays a besoin après neuf mois d'attente (...), c'est positif grâce aux sacrifices du peuple grec", a déclaré Evangélos Vénizélos, chef du Pasok socialiste et principal allié du gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Sur la même ligne, Fotis Kouvelis, troisième partenaire de l'exécutif à la tête de la Gauche démocratique Dimar, a salué "un pas déterminant pour le maintien du pays dans la zone euro".

Les marchés européens ont accueilli prudemment mardi la décision sur la Grèce. Vers 12H30 (11H30 GMT), Paris gagnait 0,16%, Francfort 0,35%, Londres 0,31%, Madrid 0,25% et Milan 0,08%.

Après une hausse de 1% à l'ouverture, la Bourse d'Athènes n'a pas gardé le sourire longtemps: à la mi-séance, elle cédait 1,50%, à 831,60 points, tandis que l'indice bancaire chutait de 8,69%. Selon une source boursière, le marché restait dans l'attente de la recapitalisation des principales banques grecques, suspendue depuis des mois à l'injection des prêts UE-FMI.

Première tranche de 34 milliards

Les Européens ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d'euros dont une première tranche d'un peu plus de 34 milliards devrait être versée le 13 décembre. Le solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013.

Sur la question épineuse de la réduction de la dette grecque, point de désaccord entre FMI et zone euro, les deux parties se sont finalement entendues après plus de 13 heures de réunion pour qu'elle soit ramenée à 124% du PIB d'ici 2020, contre un objectif initial de 120% défendu par le FMI.

Cela représente un allègement d'environ 40 milliards d'euros d'ici à 2020, selon une source européenne. Sans mesures nouvelles, la dette aurait atteint 144% du PIB en 2020, un niveau jugé insoutenable par le FMI.

Cinquième année de récession

Le président français François Hollande a salué mardi cet accord, y voyant "le résultat positif d'une démarche engagée par la France depuis six mois" et "permettant de redonner une perspective à la Grèce (...) après les efforts qui lui ont été demandés".

La plupart des médias grecs se félicitaient aussi mardi de cette avancée, tout en soulignant que le pays avait dû accepter en contrepartie un renforcement "de sa surveillance" par ses créanciers pour la mise en oeuvre des réformes auxquelles il s'est engagé.

"Je salue la décision prise par les ministres des finances", s'est félicité le patron de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, en quittant la réunion de Bruxelles, estimant que "la décision va sans aucun doute réduire l'incertitude et renforcer la confiance dans l'Europe et dans la Grèce".

Même satisfaction de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. "Le FMI voulait s'assurer que la zone euro prendrait les mesures nécessaires pour remettre la Grèce sur la voie d'une dette viable. Je peux dire aujourd'hui que cela a été fait", a déclaré Christine Lagarde au cours d'une conférence de presse.

"Cela a été laborieux, constructif, nous avons fait un effort collectif", a commenté Christine Lagarde.

Contrainte à une austérité stricte après avoir recouru au mécanisme de sauvetage UE-FMI en 2010, la Grèce est plongée dans une grave récession pour la cinquième année consécutive tandis que le chômage touche actuellement un quart de la population active.

 

(Avec AFP)