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Wednesday, December 12, 2012

Street art : Banksy, Invader, Miss.Tic et compagnie exposés à Paris

Les trublions, provocateurs, contestataires et amateurs d’art urbain ont établi leur nouveau quartier général à l’Adresse Musée de La Poste (Paris, XVe arrondissement). L’exposition « Au-delà du street art » réunit jusqu’au 23 mars 70 œuvres de onze « street artists ».

Horreur ! Sacrilège ! Exposer dans une galerie, n’est-ce pas la négation du mot « street » ? Les puristes feront une attaque, mais en attendant, les organisateurs ont tenté le coup et le résultat est plutôt probant.

Exposition « Au-delà du street art »

Pas question ici de mettre en valeur une énième fois le graffiti, ni de présenter les acteurs majeurs du mouvement. Chacun des artistes exposé incarne avant tout une vision originale de cet art contemporain multiforme par essence.

Une fois la première salle passée et le traditionnel hommage aux pionniers du genre évacué (Gérard Zlotykamien, Ernest Pignon-Ernest, Blek le rat...), le visiteur aura tout loisir de se plonger dans la multitude des supports, des techniques et des messages que peut compter l’art urbain contemporain.

La diversité  : critiques facétieuses pour Banksy, affiches de propagande pour Shepard Fairey, mosaïques pixelisées pour Invader, découpages façon dentelle de Swoon... A défaut d’être exhaustive, l’exposition constitue un tour d’horizon du street art qui devrait ravir tant le passionné que le novice ; des œuvres sur mesure  : six des onze artistes présents (C215, Miss. Tic, L’Atlas, Ludo, Rero et Vhils) ont réalisé une œuvre spécialement pour l’événement. S’y ajoute ajoute une immersion supplémentaire dans leur univers grâce à des reconstitutions miniatures de l’atelier de certains artistes ainsi que des vidéos de ceux-ci au travail ; une tête d’affiche alléchante  : retrouver sous une même bannière Fairey, Banksy et Invader, grandes figures du street art des vingt dernières années, c’est un peu Noël avant l’heure. Les amateurs du film de Banksy « Faites le mur » seront comblés ; la France se met à jour  : alors que les expos sur l’art urbain fleurissent dans toutes les capitales (Londres en 2008, Etats-Unis en 2011, République tchèque, Belgique et Finlande en 2012), Paris était à la traîne. Un paradoxe que l’expo s’attache à réparer, redorant un peu le blason de l’un des territoires les plus prolifiques en la matière.Une expo très franco-française : avec seulement quatre artistes étrangers sur les onze exposés, le panorama dépasse difficilement le cadre hexagonal. Diversité des styles oui, diversité géographique on repassera ; seulement 70 œuvres  : une petite heure suffit amplement à faire le tour de la galerie. Mais on peut difficilement blâmer les organisateurs de l’exposition compte tenu de l’espace limité et des difficultés techniques (transport, support..) que représente la réunion de ces œuvres ; des oublis gênants  : on comprend la volonté des organisateurs d’explorer les formes moins connues du street art, mais le graffiti est trop fondateur du genre pour que son absence passe inaperçue. De même, le détournement d’objets de rue manque à l’appel.

Vous l’aurez compris, il y a plus de points positifs que négatifs. « Au-delà du street art » offre un beau panorama sur un mouvement vieux 40 ans mais toujours trop méconnu.

L'Adresse Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, 75015 Paris, 01 42 79 24 24 - du lun. au sam. 10h-18h, 1er jeudi de chaque mois jusqu'à 20h, fermeture dim. et jours fériés) - plein tarif : 5,00€, tarif réduit : 3,50€.

Saturday, December 8, 2012

Paris tiraillé entre les frères ennemis du Maghreb

Pour avoir dérogé à la règle tacite, et jusqu'ici respectée, qui veut qu'un président français fraîchement élu se rende au Maroc avant d'aller en Algérie, Paris a dû prendre des précautions.

Hollande, lors de la commémoration de la répression du 17 octobre 1961 à Paris. Hollande, lors de la commémoration de la répression du 17 octobre 1961 à Paris. Attendu à Alger en visite d'Etat les 19 et 20 décembre à la tête d'une importante délégation, François Hollande a envoyé en éclaireur à Rabat, les 12 et 13 décembre, son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à la tête d'une non moins imposante délégation ministérielle. La rivalité aiguë entre ces deux pays du Maghreb, qui se manifeste aussi dans les relations avec l'ancienne puissance coloniale, nécessite du doigté. Et cette liaison impossible à trois est la source de bien des tracas diplomatiques.

"Hollande l'Algérien" ? Dès l'élection du candidat socialiste, au soir du 6 mai, le Maroc, nettement favori durant le mandat de Nicolas Sarkozy, s'inquiète. On scrute les signes. On épluche la liste des amis du Maroc dans l'entourage du nouveau président. Pourquoi la socialiste Elisabeth Guigou, née à Marrakech et considérée comme une amie, n'est-elle pas au gouvernement ? On se rassure avec la présence de la porte-parole d'origine marocaine, Najat Vallaud-Belkacem, membre du puissant Conseil de la communauté marocaine à l'étranger jusqu'en décembre 2011. Mais Rabat détecte aussi à l'Elysée un "lobby proalgérien", avec Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, Kader Arif, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, ou Faouzi Lamdaoui, un fidèle de l'équipe Hollande au PS, nommé conseiller à la diversité. Tous trois faisaient partie des deux voyages que l'ex-premier secrétaire du PS a effectués en Algérie en 2006 et en 2010. Il n'en fallait pas plus pour que la formule "Hollande l'Algérien" coure dans les salons marocains.

Cette inquiétude se manifestera d'une façon tangible. Le 24 mai, moins de dix jours après l'investiture de François Hollande, Mohammed VI, en visite privée en France, sera le premier chef d'Etat étranger reçu à l'Elysée. Peu de chose filtre de cet entretien, mais l'important est ailleurs, dans cette poignée de main initiale. Avantage, Maroc.

Les Algériens ne sont pourtant pas en reste. La réaction de la presse algérienne, qui avait salué l'élection de François Hollande en précisant qu'il disposait d'un "atout", car, "contrairement à ses prédécesseurs de droite, il entretient une relation distante avec le Maroc", est féroce pour le roi. La veille, le 23 mai, François Hollande et le chef de l'Etat algérien se sont en effet entretenus par téléphone et, dans un communiqué, l'Elysée soulignait la "volonté de développer (...) et de renforcer le partenariat entre les deux pays dans tous les domaines". Les deux présidents, ajoutait le texte, "sont convenus de se rencontrer dans les meilleurs délais". Dont acte. Pour la première fois, un chef d'Etat français se rendra d'abord à Alger.

Avantage, Algérie

Comment la France tente-t-elle de ménager les deux pays ? S'exprimant le 29 novembre devant un parterre de chefs d'entreprise réunis à la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc, l'ambassadeur de France, Charles Fries, a rassuré du mieux qu'il a pu ses interlocuteurs : "Le souhait des nouvelles autorités françaises d'améliorer notre relation avec l'Algérie (...) a pu en inquiéter certains au Maroc. Il faut toutefois bien comprendre que ce renforcement des liens voulu par Paris avec l'Algérie ne se traduira en aucun cas par un rééquilibrage au détriment du Maroc." Pour appuyer ses dires, un communiqué de l'Elysée publié la veille, à l'issue d'un entretien téléphonique entre François Hollande et Mohammed VI, annonçait la venue du chef de l'Etat français au royaume chérifien "au début de l'année 2013". Il soulignait aussi "la convergence de leurs vues", notamment sur le Sahel, et rappelait que le séminaire gouvernemental prévu avec Jean-Marc Ayrault mi-décembre "illustre le caractère exceptionnel de nos relations et la densité du dialogue politique bilatéral".

Cette relation privilégiée agace Alger, qui réclame ouvertement, désormais, un "rééquilibrage", selon l'expression utilisée avec insistance par un proche du président Bouteflika. Un appel entendu par François Hollande, désireux de se démarquer de son prédécesseur et de ménager les deux frères ennemis. En déplacement à Malte début octobre pour une réunion des chefs d'Etat de la rive nord de la Méditerranée et du Maghreb, le président français a pris soin de s'entretenir avec le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, comme avec le chef du gouvernement marocain, Abdelillah Benkirane. Ce dernier aurait alors lancé cette boutade rapportée au Monde par un témoin : "Entre nous, ça va tellement bien qu'on n'a rien à se dire !"

La France entretient avec le Maroc, il est vrai, des relations sans équivalent dans le reste du Maghreb. L'indépendance du Maroc, acquise en 1956, a été bien moins douloureuse qu'avec l'Algérie. Les relations économiques, culturelles (le réseau scolaire français au Maroc est le premier du monde), sans parler du tourisme, y sont plus développées. De droite comme de gauche, les responsables politiques français ne vont-ils pas y passer leurs vacances ? Sitôt après sa défaite à l'élection présidentielle, c'est au Maroc que Nicolas Sarkozy ira se ressourcer en compagnie de son épouse, Carla Bruni, dans un palais prêté par le roi.

"Le génie marocain de l'accueil, ça, on ne sait pas faire !", s'exclamait récemment un diplomate algérien. L'ambassadeur d'Algérie en France, Missoum Sbih, s'y emploie cependant. Fin novembre, il a ainsi convié dans sa résidence de Neuilly Elisabeth Guigou et son époux Jean-Louis, invités d'honneur d'un dîner et décidément très courtisés. Mais, surtout, Paris appuie sans condition la position de Rabat en faveur d'un plan d'autonomie du Sahara occidental sous domination marocaine, pomme de discorde avec l'Algérie qui soutient pour sa part l'idée d'un référendum d'autodétermination et apporte son aide au Polisario.

Une rivalité durable entre Alger et Rabat ? La tentative de rapprochement ébauchée entre l'Algérie et le Maroc à travers la visite, en janvier, du ministre des affaires étrangères marocain, Saad Eddine El Othmani - la première d'un chef de la diplomatie marocaine depuis 2003 -, a vite tourné court. "Les relations algéro-marocaines au plus bas", titrait le 12 novembre le site Internet d'information algérien Maghreb Emergent, en notant la brusque détérioration des relations après le discours prononcé le 6 novembre par Mohammed VI à l'occasion du 37e anniversaire de la "marche verte" de 1975 (au moment où le Maroc a annexé les territoires du Sahara). Le roi avait alors fustigé l'absence de "volonté sincère chez les autres parties, qui persistent dans leurs manigances et leurs stratagèmes obstructionnistes". Ce fut, en retour, une volée de bois vert, l'Algérie accusant le Maroc de favoriser une "infiltration massive" de la drogue sur son territoire et de vouloir privilégier, sur le Sahara, le statu quo.

Depuis plus de trente-cinq ans, l'ancienne colonie espagnole continue de nourrir les antagonismes entre les deux pays. Un mur a même été érigé. "Le nationalisme d'Etat l'a emporté sur la solidarité des peuples qui était très forte. Maintenant, ils ne se connaissent même plus", constate l'historien Benjamin Stora. "Rien, historiquement, ne laissait prévoir une telle opposition", précise-t-il dans son livre Voyages en postcolonies (Stock, 2012), en citant notamment la conférence de Tanger de 1958 qui avait réuni l'Istiqlal marocain et le FLN algérien, les deux partis historiques nationaux. Mais très tôt après l'indépendance du Maroc, les incidents ont éclaté à propos du tracé des frontières coloniales. Ils aboutiront, en 1963, à la "guerre des sables" entre les deux pays. Vingt ans plus tard, en 1994, la frontière terrestre algéro-marocaine se ferme, après un attentat à Marrakech et la décision des autorités marocaines d'imposer un visa aux ressortissants d'Algérie, alors plongée en pleine guerre civile. Une frontière aujourd'hui toujours close et qui empêche l'Union du Maghreb arabe, futur marché commun régional, de se concrétiser.

Isabelle Mandraud

Friday, December 7, 2012

8.440 euros le m², nouveau record du prix des logements à Paris

Sur le même sujet» Insee : les 10 surprises du portrait-robot des Français» Le logement des jeunes à Paris, un vrai parcours du combattant» Les Français n'ont jamais aussi peu acheté de logements neufs...» Où sont les logements que Duflot veut réquisitionner ? 

Les prix des logements anciens ont baissé de 1,1% en moyenne en France au troisième trimestre mais ils ont battu un nouveau record à 8.440 euros le mètre carré en moyenne à Paris, a annoncé jeudi 29 novembre la Chambre des notaires Paris-Ile-de-France.

Par rapport au deuxième trimestre, les prix des logements anciens ne diminuent toutefois que de 0,1%. De juillet à septembre, les prix des maisons en France baissent (-1,5%) en glissement annuel alors que ceux des appartements continuent d'augmenter (+0,5%).

La diminution des prix est en outre beaucoup plus forte en province (-1,5%) qu'en Ile-de-France (-0,2%). Paris fait, elle, encore exception avec un nouveau record à 8.440 euros le mètre carré en moyenne, une augmentation de 0,8% sur un an et de 1,0% sur les trois mois précédents, selon la Chambre des notaires Paris-Ile-de-France. Le précédent record trimestriel dans la capitale, à 8.370 euros, datait du troisième trimestre 2011.

Stabilité des prix à venir à Paris

Pou autant, cette poursuite de la hausse des prix dans la capitale s'accompagne d'une forte réduction des transactions toujours au troisième trimestre, avec un total de 6.390, soit une chute de 19%. "Les prix à Paris devraient rester stables au cours des prochains mois", ont par ailleurs estimé les notaires au cours d'une conférence de presse jeudi.

Pour l'ensemble de l'Hexagone, le nombre de transactions (qui inclut des lots qui ne sont pas des logements) est estimé à 730.000 pour les 12 mois d'octobre 2011 à septembre 2012, soit une baisse significative (-11,8% par rapport aux 12 mois précédents).

(Avec AFP)

Tuesday, December 4, 2012

Une soixantaine d'immeubles pourraient être réquisitionnés à Paris

Une soixantaine d'immeubles appartenant à des personnes morales ont été repérés à Paris comme susceptibles d'être réquisitionnés pour faire face à la pénurie de logements, a annoncé mardi 27 novembre le préfet de Paris et d'Ile-de-France Daniel Canepa.

Dans un communiqué, le préfet précise que dans le cadre des instructions du Premier ministre sur les réquisitions de logement, "un état des lieux susceptibles d'être réquisitionnés à Paris a été déjà établi par les services de l'Etat" et a permis de repérer une soixantaine d'immeubles, "dont la moitié présente un réel potentiel".

"Un examen approfondi, au cas par cas, est en cours", ajoute le communiqué.

Il s'agit d'immeubles appartenant à des personnes morales, comme des banques, assurances, etc., précise la préfecture de Région, qui assure qu'"aucun immeuble appartenant à des particuliers n'est visé à ce stade". Il s'agit là d'un "processus long, qui prend du temps", précise-t-on de même source.

6.000 places d'hébergement d'urgence

Par ailleurs, en cas d'urgence, "si au coeur de l'hiver, aucune solution pour des familles qui demandent un hébergement d'urgence n'était trouvée, le préfet réquisitionnera un bâtiment appartenant à une institution publique ou à une entreprise afin de mettre tout le monde à l'abri".

Près de 6.000 places d'hébergement d'urgence ont été identifiées en Ile-de-France dans le cadre du plan hivernal (contre 4.600 l'année dernière), et 2.100 sont déjà ouvertes, dont 1.786 occupées au 15 novembre, précise le communiqué.

Selon le communiqué, "tout au long de l'hiver, tout sera mis en oeuvre pour qu'il n'y ait personne dehors", avec l'ouverture "du plus grand nombre de places possibles" et des centres "ouverts 24 heures sur 24, si nécessaires".

Toute l'année, chaque jour, 40.000 places d'hébergement sont ouvertes et financées par l'Etat en Ile-de-France, dont la moitié à l'hôtel.

Daniel Canepa participait mardi à l'inauguration d'un centre d'hébergement d'urgence à Paris, destiné à prendre en charge des familles actuellement hébergés dans des hôtels réservés par le Samu social, "en vue de favoriser, à l'issue de l'hiver, leur accès à un logement stable et libérer ainsi des places d'hébergements d'urgence".

80 personnes en famille peuvent être accueillies, dans 19 logements indépendants.

(Avec AFP)

Monday, December 3, 2012

OCDE: Paris ne doit pas aller trop loin sur le chemin de la rigueur

Sur le même sujet» L'OCDE n'exclut pas une récession mondiale» Budget de l'UE : les 27 s'attaquent aux 5 questions qui fâchent» Le gouvernement belge veut être le bon élève de la rigueur 

La croissance s'annonce plus faible que prévu en France, ce qui l'empêchera d'être dans les clous budgétaires en 2013, mais le gouvernement ne doit pas pour autant prendre de nouvelles mesures de rigueur, estime mardi 27 novembre l'OCDE.

Selon les nouvelles prévisions de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la croissance devrait être de seulement 0,2% cette année et 0,3% en 2013 en France. C'est moins qu'attendu dans ses précédentes prévisions publiées en mai (0,6% et 1,2%).

Surtout, c'est moins que la croissance de 0,3% en 2012 et 0,8% l'an prochain escomptée par le gouvernement pour tenir ses engagements budgétaires.

Du coup, si le déficit public de la France devrait bien, comme promis, s'établir à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année, il ne serait pas dans les clous européens en 2013. L'OCDE prévoit un déficit de 3,4% l'an prochain, alors que le gouvernement s'est engagé à le ramener à 3%.

Il ne repasserait sous le plafond autorisé par les traités européens qu'en 2014, à 2,9% du PIB. Parallèlement, la dette publique continuerait à gonfler, atteignant le niveau record de 95,8% du PIB en 2014, alors que la France espère la faire refluer à compter de cette année-là.

Un taux de chômage à 10,9% en 2014

La situation est grave aussi sur le front social: alors que le président François Hollande s'est engagé à inverser la courbe du chômage d'ici la fin de 2013, il pourrait en fait continuer à grimper, jusqu'à 10,9% de la population active en 2014 en France métropolitaine (11,3% en incluant l'Outre-Mer).

Pour autant, l'OCDE estime que la "crédibilité" du gouvernement en matière budgétaire est "renforcée" par sa "détermination à corriger les déficits" et la création toute récente d'un Haut Conseil des finances publiques adossé à la Cour des comptes.

Elle laisse en outre entendre, de manière à peine voilée, que les engagements budgétaires officiels pour l'an prochain sont trop "ambitieux" et juge donc que "les stabilisateurs automatiques devraient être autorisés à jouer pleinement si la croissance devait être moindre que prévu dans le budget".

Concrètement, cela signifie que même si la croissance n'est pas au rendez-vous et que le déficit risque de ne pas revenir à 3% en 2013, le gouvernement doit s'abstenir de prendre de nouvelles mesures de rigueur pour atteindre cet objectif à tout prix. Pour l'instant, Paris assure vouloir parvenir à 3% coûte que coûte.

Une stratégie globale de consolidation budgétaire

Le club des pays riches appelle la France à "saisir l'opportunité de ce début de mandat gouvernemental pour lancer une stratégie globale à moyen terme de consolidation budgétaire, réduction des dépenses et réformes structurelles pour doper la confiance et redresser la compétitivité et la croissance".

"Le pacte de compétitivité annoncé récemment est un premier pas important dans cette direction et soutiendra la création d'emplois, l'investissement et les exportations dès 2014", estiment ses experts.

La croissance rebondirait cette année-là à 1,3%, selon une première prévision de l'OCDE. Là aussi, c'est moins que les 2% attendus par le gouvernement.

Pour faire mieux, l'organisation demande à la France de couper dans ses dépenses, et voit des marges d'économies "considérables" dans la sécurité sociale et les collectivités locales. De la même manière, elle recommande de réformer en profondeur le système éducatif et les marchés des biens et du travail.

(Avec AFP)