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Tuesday, December 11, 2012

Le mölkky, ce drôle de sport dont la France est championne du monde

Oubliez la pétanque et mettez-vous au mölkky. Ce sport pas encore très connu est un drôle de jeu de quilles né en 1996 à Lathi, dans le sud de la Finlande.

Les règles sont simples :

faire tomber des quilles numérotées de 1 à 12, disposées au départ les unes contre les autres, à l’aide d’un rondin appelé « mölkky » (prononcez « meulku ») ; lorsqu’une seule quille est renversée, le nombre de points marqués correspond au numéro de la quille ; quand plusieurs d’entre elles chutent, le joueur engrange autant de points que le nombre de quilles tombées ; au fur et à mesure de la partie, les quilles sont redressées à l’endroit où elles se trouvent avant de passer au joueur suivant ; pour gagner, il faut atteindre précisément 50 points. Ni plus, ni moins. Si un joueur dépasse ce score, il repasse à 25.

Surtout connue pour ses milliers de lacs et son climat polaire, la Finlande a aussi une passion pour les activités loufoques et son sens du jeu. Jaakko Lenni-Taattola, 31 ans, s’est mis au mölkky en 2003 dans sa ville de Tampere, au nord d’Helsinki :

« Ici, nous avons beaucoup d’humour. L’une des qualités que j’apprécie le plus chez les Finlandais est de savoir ne pas se prendre la tête. »

Dans son pays, le jeu « est avant tout un passe-temps rigolo, facile à fabriquer et à jouer, que l’on retrouve souvent dans les maisons d’été (“mökki”) au bord des lacs ».

Le terme « mölkky » vient de la combinaison de « mökki » et de « pölkky », qui désigne un morceau de bois.

« On y joue entre amis en buvant des bières pour s’amuser et profiter de la nature. »

D’ailleurs, dans le jargon, un « mölkvisti » est quelqu’un qui joue trop sérieusement. Encore un néologisme, dérivé de « mulkvisti », qui signifie « connard » en finnois…

Marque déposée par Tuoterengas, une entreprise d’insertion professionnelle et d’accompagnement social, le jeu est uniquement fabriqué en Finlande.

« On est loin de la société avide de conquérir le monde », sourit Michaël Hezard, 37 ans et président du Bâton Mouche, l’association de mölkky de Paris.

Michaël Hezard dans la cour du Palais Royal à Paris début novembre 2012 (Mathieu Perrichet/Rue89)

La France est la deuxième patrie du mölkky.

Débarqué au début des années 2000, le jeu reste confidentiel jusqu’à la création de la première association, en 2006 à Nantes, sous la houlette de Christohe Saiget, 38 ans :

« J’ai découvert le mölkky en 2004 grâce aux jeunes d’une maison de quartier vendéenne, partis en Finlande participer à un chantier. Le jeu m’a tout de suite plu et j’y ai vu un vrai potentiel.

L’idée de monter une association m’est alors vite parue évidente afin de le développer. »

Même processus chez Michaël Hezard, qui, à force de « voir des gens venir nous questionner », a fini par monter une association pour donner « un petit côté officiel » à leur jeu de copains.

Aujourd’hui, la France en compte une vingtaine. Pourquoi un tel engouement ? Fabian Schöman,vice-président de l’association de Caen et nouvel adhérent de la Mölkky Association à Rennes, a son idée :

« Ludique, simple, accessible, amusant, intergénérationnel. »

Christophe Saiget sur les pavés nantais début novembre 2012 (Mathieu Perrichet/Rue89)

Il raconte être devenu accro après qu’un ami, parti quelques jours en Finlande, lui a fait découvrir le mölkky en août 2003.

« Je pense que si ce jeu plaît autant aux Français, c’est essentiellement dû à sa proximité avec la pétanque : mêmes gestes, même adresse. Et de nombreux terrains sont à disposition. En même temps, on peut y jouer sur presque toutes les surfaces. »

Michaël Hezard estime quant à lui qu’il « suffit que des associations se créent et soient actives pour que le mölkky se développe n’importe où », prenant pour exemple la Belgique et l’Allemagne où le jeu est aussi en plein essor.

En France, « on dénombre environ 800 joueurs assidus rattachés à des associations. Mais, selon des chiffres officieux, il y aurait aux alentours de 70 000 joueurs », estime Fabian Schöman.

Avec un tiers de femmes environ et un cœur de cible entre 25 et 45 ans mais des joueurs allant de 7 à 97 ans.

Le mölkky est de plus en plus accessible : jusqu’en 2010, « il fallait passer par le fabricant ou s’en fabriquer soi-même », explique Christophe Saiget. Mais les grandes enseignes de sport et de jeux le commerciallisent maintenant autour de 35 euros. Selon les chiffres de Tuoterengas, il se vend entre 20 et 30 000 jeux en France chaque année.

Florent, étudiant en ressources humaines, l’a découvert en 2010. Deux ans après, il s’en est acheté un et organise des parties presque tous les week-end.

« C’est marrant car à chaque fois qu’on joue, quel que soit l’endroit, les gens sont curieux, veulent savoir ce que c’est. »

Michaël Hezard a organisé le premier championnat de France de mölkky en 2009. Trois ans plus tard, à Bordeaux, la compétition comptait environ 500 participants.

Mais le grand barnum annuel a lieu mi-août à Lahti, chaque année. C’est là-bas, sur ses terres d’origine, que les championnats du monde sont organisés.

La France, qui y participe depuis quatre ans, s’est ainsi frottée l’été dernier à huit autres nations. Et elle a ravi à la Finlande la couronne qu’elle détenait depuis quatorze ans.

Début 2013, une Fédération française de mölkky doit voir le jour. Fabien Schöman :

« Pour établir de véritables bases, et obtenir un titre officiel et une reconnaissance vis-à-vis de la fédération internationale. »

Néanmoins, pas question « de poser des limites et des contraintes. Le mölkky doit rester un jeu », tempère Michaël Hezard.

Sunday, December 9, 2012

La pauvreté progresse en France, mais moins vite qu’ailleurs

Depuis deux ans, le taux de pauvreté augmente en France. Principale raison : l’envolée du chômage. Mais il en est une autre, moins connue, explique Bruno Tardieu, délégué national d’ATD Quart Monde : "Le non-recours des personnes qui y ont droit aux minima sociaux." Le chiffre atteint 33% pour le RSA de base et même 68% pour le RSA Activité, qui complète un travail peu rémunéré.

Selon lui, ce phénomène s’explique en partie par "la stigmatisation des pauvres partout en Europe". Les 10 et 11 décembre, ce sujet sera au cœur de la conférence gouvernementale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, au Palais d’Iéna, à Paris. Le travail de concertation – qui associe pas moins de onze ministres – débouchera sur un plan quinquennal en 2013. La situation est urgente. Mais, comparée à l’Allemagne ou à l’Espagne, la France s’en sort plutôt bien.

Leçon n°?1: Egalité
"Quand elles sont ambitieuses et durables, les politiques publiques ont un réel impact sur la pauvreté", estime Bruno Tardieu. En France, la loi d’orientation contre les exclusions en 1998 a ainsi permis de fixer un cadre général, puis de créer la CMU et la CMU complémentaire. Le taux de pauvreté s’est réduit jusqu’en 2008.

Leçon n°?2: Flexibilité
Une plus grande souplesse du marché du travail peut aussi accroître la pauvreté. Les lois Hartz (2003-2005), qui ont relancé l’économie allemande, ont aussi fait progresser le nombre de travailleurs pauvres: de 4% en 2000 à 6,8% en 2009, selon la Cour des comptes. Leur part a baissé en France, passant de 7% en 2000 à 6,7% en 2009. Depuis, les deux taux ont crû à 7,4% en 2011, selon Eurostat.

Leçon n°?3: Précarité
Les crises de 2008 et 2010 ont appauvri les populations. En Espagne, les habitants font face à une hausse du taux de chômage (à plus de 25%) et à des problèmes de logement, avec de fortes expulsions dues à l’explosion de la bulle immobilière.

Wednesday, December 5, 2012

Affaire Merah (France) : deux arrestations pour complicités

Deux personnes ont été arrêtées mardi matin, l'une à Albi, l'autre à Toulouse, dans le cadre de l'enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Mohamed Merah, le tueur au scooter de Toulouse.

Mohamed Merah, le tueur extrémiste de Toulouse. Mohamed Merah, le tueur extrémiste de Toulouse.

Deux personnes ont été arrêtées mardi matin, l'une à Albi (Tarn), l'autre à Toulouse (Haute-Garonne), dans le cadre de l'enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Mohamed Merah, le tueur au scooter de Toulouse. Un homme, qui fait partie de la communauté des gens du voyage, a été arrêté à Albi tandis que son ex-compagne était interpellée à Toulouse. Ils sont «susceptibles d'avoir apporté une aide à Merah dans la commission des faits», a précisé une source policière.

Le «tueur au scooter» Mohamed Merah a tué trois enfants et un enseignant le 19 mars dans une école juive de Toulouse, ainsi que trois militaires dans cette même ville et à Montauban. Interrogé par M6, Abdelghani Merah, frère aîné de Mohamed Merah, avait évoqué l'hypothèse d'un «troisième homme», possible complice du vol du scooter, estimant qu'il s'agissait d'une connaissance, «quelqu'un des gens du voyage».

Avec AFP

 

 

France 2 obligée de réduire sa grille 2013 de 30 millions d'euros

Sur le même sujet» France Télévisions va supprimer 500 postes d'ici 2015» Le Sénat corse l'addition pour la redevance TV à 131 euros» Comment France Télévisions se prépare à des temps plus difficiles 

France Télévisions a imposé à France 2 une baisse de 30 millions d'euros du coût de sa grille des programmes en 2013, un effort important lié au plan d'économies qui va toucher le groupe public en 2013, a annoncé mardi 4 décembre le directeur adjoint de la chaîne, Philippe Vilamitjana.

"L'année 2013 sur le plan économique impose un effort à tout le groupe et à France 2 en particulier. Je dirais presque sans précédent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. 

France Télévisions "nous a demandé, par rapport à la proposition que nous avions faite, de faire une économie de 30 millions d'euros sur la grille 2013. Le coût de grille de France 2 en 2013 hors sport et hors information est aujourd'hui à 514 millions d'euros", a-t-il précisé, sans donner l'évolution par rapport à l'année en cours.

Moins de "scripted-reality"

Les économies interviendraient "d'une part dans l'utilisation de notre stock, d'autre part dans des multidiffusions, enfin en réduisant le coût de grille (...) et ensuite en renégociant" avec les producteurs le coût des programmes. 

Comme possibilité d'économies, Philippe Vilamitjana a donné l'exemple de la "scripted-reality", ces émissions de reconstitution de faits divers jouées par des comédiens. "Nous avons décidé de marquer une pause dans la production de la scripted-reality. Nous avons un stock important de scritped-reality produit par la Concepteria de Julien Courbet", a-t-il expliqué. "Dans le cadre de l'économie contrainte qui est la nôtre, a-t-il ajouté, nous allons utiliser ce stock à coût zéro en diffusion en début d'année".

Budget en baisse, audience en hausse

France Télévisions sera contraint en 2013 de faire face à une baisse des ressources publiques en raison de la crise économique. Le projet de budget 2013 prévoit un repli de 85 millions d'euros des dotations au groupe public (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô), à 2,45 milliards d'euros. A cette baisse des dotations s'ajoute un recul des ressources publicitaires de 55 millions d'euros prévu par le groupe pour cette année en raison de la crise.

De son côté, Jean Réveillon, le directeur de la chaîne, s'est félicité de l'audience de France 2 cette année. "C'est la première fois depuis 1996 que France 2 est en évolution positive d'audience", a-t-il dit, précisant que la chaîne affichait une audience de 15% sur l'année 2012 contre 14,9% sur 2011.

(Avec AFP)

Immigration/régularisation (France) : clarification pour les étrangers en situation irrégulière

Le 28 novembre 2012, le ministre français de l'Intérieur publie une circulaire portant la référence NOR INTK1229185C et comportant " les conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile". Ce texte entre en vigueur le 3 décembre 2012 et ne s’applique pas aux ressortissants algériens et tunisiens.

La circulaire Valls ne concerne pas les Algériens et les Tunisiens. La circulaire Valls ne concerne pas les Algériens et les Tunisiens. Les ressortissants algériens et tunisiens ne peuvent se prévaloir des dispositions du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile CESEDA fixant les conditions d'admission exceptionnelle au séjour. Ils sont exclusivement concernés par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988. La circulaire recommande l’application du pouvoir général d'appréciation des préfets pour décider d'admettre exceptionnellement au séjour ces ressortissants. 

La circulaire rappelle et clarifie les principes qui régissent les modalités de réception et de traitement des demandes d’admission exceptionnelle au séjour et précise les critères d’admission au séjour des ressortissants étrangers en situation irrégulière en vue de leur délivrer un titre de séjour portant soit la mention "vie privée et familiale" soit "salarié" ou "travailleur temporaire".

Cette circulaire abroge et remplace des circulaires antérieures qui prévoyaient la délivrance de cartes de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.

La circulaire exige aux préfets de réceptionner les demandes des  étrangers  en  situation  irrégulière qui  sollicitent une admission exceptionnelle au séjour. Elles doivent faire l'objet d'un examen approfondi, objectif et individualisé sur  la base des dispositions des articles  L. 313-11 7° et  L. 313-14 du CESEDA en tenant compte notamment de leur intégration dans la société française, de leur connaissance des valeurs de la République et de la maîtrise de la langue française.

La circulaire prévoit la réception systématique des demandes d’admission au séjour afin de lutter contre les refus de guichet. Les demandes de régularisation et de réexamen doivent être reçues et réexaminées, "y compris lorsqu'elles ont fait l'objet d'une décision de refus de séjour suivie, le cas échéant, d'une obligation de quitter le territoire, même lorsque ces décisions ont été confirmées par le juge."

Les critères d'admission exceptionnelle au séjour

La circulaire exclut les étrangers dont la présence en France constituerait une menace à l'ordre public ou qui se trouveraient en situation de polygamie sur le territoire national. La délivrance d'une carte de séjour temporaire "vie privée et familiale" Ce texte incite les préfets à « faire application,  dans  le  traitement  de  la  situation  des étrangers  signataires  d'un  pacte  civile  de  solidarité,  des  orientations  mentionnées  dans  la circulaire du 30 octobre 2004 relative aux conditions  d'examen des demandes d'admission au séjour  déposées  par  des  ressortissants  étrangers  en situation  irrégulière  dans  le  cadre  des dispositions de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée. »

Les parents d'enfants scolarisés

La circulaire exhorte les préfets de prendre en considération les critères cumulatifs suivants :

"– une vie familiale caractérisée par une installation durable du demandeur sur le territoire français, qui pourra être qu'exceptionnellement inférieure à cinq ans ;

– une scolarisation en cours à la date du dépôt de la demande d'admission au séjour d'au moins un des enfants depuis au moins trois ans, y compris en école maternelle."

"Par ailleurs, lorsque le demandeur est séparé de l'autre parent de l'enfant, l'intéressé doit établir  contribuer  effectivement  à  l'entretien  et  l'éducation  de  l'enfant, ces  éléments  étant présumés en cas de vie commune."

Les conjoints d'étrangers en situation régulière

Concernant cette catégorie de ressortissants étrangers, et de  manière  indicative, "une durée de cinq ans de présence en France et une durée de 18 mois de vie commune du couple peuvent constituer des critères d'appréciation pertinentes." Ce texte rajoute "les conditions d'existence et l'insertion des intéressés  en  application  de  l'article  L.  313-11  7° du  code  de  l'entrée  et  du  séjour  des étrangers et du droit d'asile" et "aussi le critère d'insertion par la maîtrise élémentaire de la langue" afin de mieux apprécier la demande de régularisation.

Les mineurs devenus majeurs

"Le public visé est celui pouvant justifier : d'une part, d'au moins deux  ans de  présence en France à la date de leur dix-huitième anniversaire ; et d'autre part, d'un parcours scolaire assidu et sérieux".

Autres situations : l'admission au titre de motifs exceptionnels et de considérations humanitaires

Au titre des motifs exceptionnels et des considérations humanitaires, sauf menace à l'ordre public, le ministre incite ses préfets à délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale », sur le fondement de l'article  L. 313-14 du CESEDA, à un étranger en situation irrégulière pouvant justifier :

– soit d'un talent exceptionnel ou des services rendus à la collectivité (par exemple dans les domaines culturel, sportif, associatif, civique ou économique) ;

– soit  de  circonstances  humanitaire  particulières  justifiant  la  délivrance  d'un  titre  de séjour.

Il a été également demandé  de  porter  la  plus  grande  attention  aux  dispositions  relatives à l'admission au séjour au titre de la vie privée et familiale des personnes suivantes :

"– les victimes de violences conjugales, qu'elles bénéficient ou non d'une ordonnance de protection,  telles  qu'elles  figurent  dans  l'instruction  IOCL1124524C du  9  septembre 2011 relative au droit au séjour des personnes victimes de violences conjugales et à la mise en œuvre des articles L. 313-12, L. 316-3 et L. 431-2 du CESEDA ;

– les  victimes  de  la  traite  des  êtres  humains,  telles  qu'elles  figurent  dans  l'instruction IMIM0900054C du  5  février  2009  relative  aux  conditions  d'admission  au  séjour  des étrangers victimes de la traite des êtres humains ou de proxénétisme coopérant avec les autorités  administratives et judiciaires."

L'admission au séjour au titre du travail

En application de l'article  L. 313-14 du CESEDA, les demandes  d'admission  exceptionnelle  au  séjour  au  titre  du  travail seront favorablement appréciées,  dès lors que  l'étranger justifie :

"– d'un  contrat  de  travail  ou  d'une  promesse  d'embauche  (formulaire  CERFA n°13653*03) et de l'engagement de versement de la taxe versée au profit de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (formulaire CERFA n°13662*05) ;

– d'une ancienneté de travail de 8 mois, consécutifs ou non, sur les 24 derniers mois ou de 30 mois, consécutifs ou non, sur les 5 dernières années ;

– d'une  ancienneté  de  séjour  significative,  qui  ne  pourra qu'exceptionnellement  être inférieure à cinq années de présence effective en France."

Néanmoins, le ministre préconise une prise en compte d’"une ancienneté de séjour de trois ans en France dès lors que l'intéressé pourra attester d'une activité professionnelle de vingt-quatre mois dont huit, consécutifs ou non, dans les douze derniers mois."

La justification de l'ancienneté de la résidence habituelle en France

Les pièces produites par le demandeur doivent constituer un faisceau d'indices suffisamment fiable et probant de nature à emporter l’intime conviction des préfets quant à la réalité de l'ancienneté de la résidence habituelle en France de l'intéressé. Il a recommandé de considérer que « deux preuves certaines par an attestent d'une présence en France ».

Pour rappel, les ressortissants algériens peuvent toujours demander, de plein droit, la régularisation sur les dix ans de résidence habituelle sur le territoire français. Enfin, la circulaire tolère une absence de courte durée du territoire national. Il a été autorisé de ne pas faire obstacle à l'admission au séjour dans ce dernier cas "(cf. CE, 14 janvier 2002,  n°224501, M. B., sur la continuité du séjour malgré la célébration d'un mariage hors de France et CE, 29 juillet 2002, n°241279, M. F.,sur la tolérance d'une courte absence du territoire pour visiter un membre de famille malade)." Un premier bilan sera établi sur l’application des dispositions de cette circulaire à la fin du mois de février 2013.

Fayçal Megherbi, avocat au Barreau de Paris 

 

La France championne des dépenses de protection sociale

Sur le même sujet» La France aura du mal à atteindre un déficit de 4,5% en 2012» 5 idées-chocs pour économiser 50 milliards 

La France est le pays de l'Union européenne qui dépense le plus pour la protection sociale par rapport à son PIB, devant des pays scandinaves et l'Allemagne, selon des statistiques publiées mardi 27 novembre par Eurostat.

Les dépenses de protection sociale des 27 pays de l'UE ont augmenté de 26,1% du PIB en 2007 à 29,4% en 2010, "en grande partie en raison de la crise économique", indique l'office de statistiques européennes.

Les pays du Nord grands dépensiers

Cette moyenne de l'UE marque de fortes disparités. Les dépenses sont supérieures à 30% dans sept pays, en particulier en France (33,8%), au Danemark (33,3%), aux Pays-Bas (32,1%), en Allemagne (30,7%) et en Finlande (30,6%).

En revanche, elles sont inférieures à 20% essentiellement en Europe de l'est, notamment en Roumanie (17,6%), en Lettonie (17,8%), en Slovaquie (18,6%) et en Pologne (18,9%).

Dans l'ensemble des pays de l'UE, les dépenses relatives aux principales catégories de prestations (retraites, soins de santé, famille) ont toutes augmenté d'environ 10% entre 2007 et 2010. Les prestations de chômage ont quant à elles progressé d'un tiers, témoignant de l'impact de la crise.

La vieillesse coûte le plus en Europe

En moyenne, les pensions de vieillesse et de survie représentaient 45% des prestations sociales en 2010 et représentaient la principale dépense de protection sociale dans quasiment tous les pays, précise Eurostat. Suivaient, pour 37%, les prestations de maladie, de soins de santé et d'invalidité.

En 2010, les deux principales sources de financement de la protection sociale dans les 27 étaient les contributions publiques provenant des impôts (40% des recettes totales) et les cotisations sociales (56%).

(Avec AFP)

Tuesday, December 4, 2012

La France reste attractive aux yeux des start-ups étrangères

Sur le même sujet» INTERVIEW Loïc Le Meur, fondateur de l'événement baptisé "Le Web" présente l'édition 2012» Le sondage qui devrait inquiéter les réseaux sociaux» Les USA prêts à ouvrir leurs frontières aux start-ups étrangères 

Les start-ups étrangères ont-elles pour la France les yeux de Chimène ? C’est ce qu’on pourrait croire au regard de l’augmentation du nombre de sociétés étrangères candidates à la “compétition start-ups” du Web 12, qui a ouvert ses portes lundi 3 décembre à Saint Denis (93) : 200 dossiers en 2010, 400 en 2011 et 500 cette année. L’an dernier, la compétition a mis en lumière Beintoo, une startup italienne spécialisée dans les jeux sur mobiles.  

“Le Web leur offre une vitrine fantastique pour se faire connaître, et pour elles la France est une porte d’entrée vers l’Europe”, explique Loïc Le Meur, organisateur de l’événement. C’est à Paris, lors du Web 10, que Phil Libin (PDG de la start-up Evernote) a  noué des contacts avec Orange avant d’y annoncer un partenariat 2011. Quant à la start-up Waze, elle a pu lever 20 millions de dollars suite à sa victoire lors de l’édition 2010 de la compétition des start-ups. Et c’est au Web que Travis Kalanick, le fondateur de la start-up Uber (mise à disposition de voitures avec chauffeur) a annoncé que Paris serait la deuxième ville dans laquelle sa société serait implantée.

Dans la R&D et l'ingénierie, le nombre de start-ups étrangères a doublé depuis 2008

“Les créateurs de start-ups étrangères profitent de leur séjour en France pour recruter, on trouve dans l’hexagone de très bons développeurs, notamment grâce à d’excellentes écoles comme l’Epita ou l’Epitech”, explique Julien Codorniou, responsables des partenariats à Facebook France. Contrairement aux idées reçues, l’Hexagone est une terre d’accueil pour entreprises high-tech étrangères. Paris figure, par exemple, à la 5ème place (sur 25) du classement Ericsson des villes les mieux connectées du monde.

“Au cours des dernières années, la structure des investissements étrangers en France s’est modifiée au profit de projets dans  les activités intensives en technologie et en valeur ajoutée. Ces domaines couvrent 47% du total des projets en 2011, contre 43% en  2003” constate-t-on à Invest-in-France, autre nom de l’Agence française pour les investissements internationaux, créée par Bercy.

Toujours selon cet organisme, le nombre de sociétés spécialisées en R&D et ingénierie ayant décidé de s’implanter en France est passé de 23 en 2008 à 51 l’an dernier. Et le chiffre est passé de 64 à 78 pour les entreprises étrangères centrées sur les logiciels et les prestations informatiques.

La France s’apprête à donner les clés d'EADS à l’Allemagne

Sur le même sujet» "La fusion EADS-BAE aurait tué Dassault"» Sortie d'EADS pour Lagardère très probablement en 2013» Ariane 5 confronté à un vrai problème de compétitivité» L’Allemagne va-t-elle tuer EADS ? 

C’est un scénario étrange, qui semble pourtant prendre consistance au fil des négociations. En discussions depuis quelques jours sur la recomposition du capital d’EADS, la France et l’Allemagne se dirigeraient, comme l’annonçait le quotidien allemand Handelsblatt vendredi dernier, vers un rachat par la banque publique allemande KFW de 3% des 15% du capital détenu par l’Etat français.

Le camp allemand rachèterait en outre les 7,5% détenus par le consortium bancaire Dedalus, et 1,5% au groupe automobile Daimler, ce qui porterait la participation totale de Berlin à 12%, soit une parité avec la France. L’agence Dow Jones assurait lundi après-midi qu’un accord pourrait être trouvé d’ici la fin de la semaine prochaine, l’Espagne restant quant à elle à 5,5%.

Cette sacro-sainte parité exigée par Berlin 

Que changerait une telle recomposition du capital ? La réponse est simple : tout. D’un strict point de vue comptable, l’Allemagne, qui n’est aujourd’hui pas actionnaire d’EADS, passerait de 0 à 12% du capital ; la France, elle, verrait sa part chuter de 15 à 12%. +12 d’un côté, -3 de l’autre : pas besoin de concourir à la médaille Fields, sorte de Prix Nobel de mathématiques, pour voir que la nouvelle répartition du capital serait un véritable coup de Trafalgar, qui verrait la France s’aligner à 100% sur les exigences allemandes.

Ce ne serait pas la première fois : la France s’était bien gardée de critiquer le veto allemand à la fusion EADS-BAE, annoncé par téléphone à François Hollande par la chancelière Angela Merkel, se contentant d’en prendre acte. En acceptant le schéma évoqué plus haut, Paris accepterait de s’adapter à un problème essentiellement germano-allemand : la crispation de Berlin sur la sacro-sainte parité entre France et Allemagne (22,5 % dans chaque camp).

Selon le scénario craint par Berlin, et de fait le plus probable, les actionnaires industriels Lagardère (7,5% du capital) et Daimler (15%) vendraient rapidement leurs parts, de même que le consortium de banques allemandes Dedalus (7,5% du capital). Pour maintenir une parité avec l’Etat français (15% des parts), Berlin devrait donc, en toute logique, monter à 15%, et donc investir en conséquence. La vente de 3% par la France lui permettrait de s’en tirer à moindre frais, en établissant la ligne d’équilibre à 12%. 

Paris empocherait au passage 609 millions mais...

Pourquoi la France ferait-elle ce cadeau à l’Allemagne ? L’aspect financier est à nuancer : au cours actuel du titre EADS, l’opération rapporterait 609 millions d’euros, une somme certes non négligeable en ces temps de disette budgétaire, mais pas forcément le prix correspondant à la perte d’influence de Paris dans le capital, et à la montée de celle de Berlin.

D’autant que l’Allemagne est loin d’être un parangon de vertu vis-à-vis du groupe européen : Berlin a récemment revu à la baisse ses commandes militaires à EADS, notamment l’avion de transport A400M et l’hélicoptère d’attaque Tigre, sans pour autant renoncer au retour industriel correspondant à ses commandes d’origine. Un comportement qui énerve au plus haut point le camp français, qui n’a pour l’instant pas annulé de de commande.

L’exigence de Berlin d’entrer au capital est, surtout, une demande pour le moins étrange pour un pays qui s’était battu en 2000, lors de la création d’EADS, pour que ce soient les industriels Lagardère et Daimler qui portent les intérêts des Etats, pour éviter que ceux-ci interviennent directement dans la gouvernance du groupe. Le schéma évoqué par Handelsblatt aboutirait à une situation inverse : plus d’industriels "tampon", mais un probable nouveau pacte d’actionnaires entre France, Allemagne et Espagne (29,5% du capital en tout).

L'Allemagne privilégie ses intérêts, pas ceux des actionnaires privés

Le problème va bien au-delà de la simple équation mathématique. Le président exécutif Tom Enders voulait un groupe "normalisé", donc libéré de la tutelle des Etats ? Il se retrouve avec trois Etats actionnaires directs. Dont un, l’Allemagne, engagé dans une guérilla politique depuis plus d’un an pour défendre ses sites industriels : le coordinateur du gouvernement allemand pour l’aéronautique, Peter Hintze, avait même envoyé une lettre à Tom Enders en février 2012, de disant "extrêmement préoccupé par la concentration et la centralisation des compétences de recherche-développement" sur le site de Toulouse.

Le directeur financier d’EADS Harald Wilhelm avait adressé un message clair à Berlin le 8 novembre dernier, souhaitant que les nouveaux actionnaires "aient à cœur de protéger les intérêts de la société (…) et de préserver les intérêts des actionnaires privés". La France, actionnaire à 15% d’un champion industriel unique en Europe, serait bien inspirée d’y réfléchir à deux fois avant de brader les siens.

 

Wednesday, November 28, 2012

La France pourrait voter pour l’Etat palestinien à l’ONU

Mahmoud Abbas et Ban Ki-moon à l’ONU, en 2011 (MARCO LONGARI/AFP)

Après la guerre bien réelle de Gaza, la semaine dernière, le champs de bataille se déplace cette semaine dans l’enceinte, plus feutrée, des Nations unies, où la Palestine tente de se faire admettre comme Etat non membre observateur.

Les manœuvres de dernière minute se poursuivent, avec l’opposition farouche d’Israël, soutenu par les Etats-Unis, pour empêcher un geste qualifié d’« unilatéral », et qui pourrait entraîner des représailles, notamment économiques, contre l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, à l’initiative de la démarche diplomatique.

Selon nos informations, la France pourrait voter en faveur de la reconnaissance de l’Etat palestinien, principal pays occidental à le faire... si François Hollande confirme le choix fait à ce stade, en attendant d’ultimes tractations avec Mahmoud Abbas.

La 59e proposition du programme électoral de François Hollande était, de fait, sans ambiguïté :

« Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien. »

Mais la diplomatie française avait semblé faire marche arrière, et Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, avait refusé de se prononcer, se contentant en septembre d’un propos flou : « C’est en fonction de ce qui va se passer que nous déterminerons notre position »...

Si la France confirmait jeudi son soutien à la résolution soumise à l’Assemblée générale, elle apporterait un soutien de poids à cet Etat virtuel dont la légitimité internationale ne peut se contenter des votes, acquis, des pays en développement et de puissances comme la Russie ou la Chine.

Israël fait une très violente campagne contre ce vote. Le ministre des Affaires étrangères, le très à droite Avigdor Liberman, a parlé de « terrorisme diplomatique », un concept novateur, pour faire le parallèle avec les missiles lancés par le Hamas contre le territoire israélien la semaine dernière.

Les Etats-Unis ont emboîté le pas à Israël, à la fois parce qu’ils critiquent l’unilatéralisme de la démarche de Mahmoud Abbas, et parce que la loi américaine les y oblige. Lorsque la Palestine a été admise à l’Unesco l’an dernier, déjà avec le soutien de la France, les Etats-Unis ont été contraints de stopper leur financement du budget de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Pour Mahmoud Abbas, c’est un baroud d’honneur avant de couler. Le président de l’Autorité palestinienne n’a plus guère d’options : l’option diplomatique est sa dernière chance :

face à l’impossibilité de la négociation avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ; alors que la colonisation se poursuit dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ; et alors que la stature de ses rivaux islamistes du Hamas sort renforcée à chaque affrontement guerrier.

La date du 29 novembre ne doit rien au hasard : c’est le jour anniversaire du vote des Nations unies, en 1947, qui vit naître l’Etat d’Israël.

Les conséquences sont largement symboliques -à l’exception de la possibilité de saisine de la justice internationale, une menace prise au sérieux par Israël-, mais au Proche-Orient, les symboles ont leur importance.

Dans une tribune publiée ce lundi par le New York Times, l’ancien président américain Jimmy Carter et l’ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland, tous deux membres du groupe des « Elders », d’anciens dirigeants cherchant à résoudre les conflits, plaident en faveur de la reconnaissance de cet Etat palestinien. C’est, pour eux, la dernière chance de sauver l’option des « deux Etats », l’un palestinien, l’autre israélien.

Dans une autre tribune du même journal, Yossi Beilin, l’ancien négociateur des accords de paix d’Oslo, en 1993, dont est issue l’Autorité palestinienne, plaide lui aussi dans le même sens, en y ajoutant une dimension : refuser cet Etat à Mahmoud Abbas, c’est faire le lit du Hamas, un mouvement qui, jusqu’ici, se refuse à reconnaître l’existence d’Israël.

Ce début de semaine est donc l’objet de toutes les manœuvres de coulisses, de toutes les pressions diplomatiques... Vu de Paris, ce sera un vrai test de la diplomatie française : François Hollande, dont l’une des propositions de campagne était justement la reconnaissance d’un Etat palestinien, sautera-t-il le pas en rompant avec les principaux pays occidentaux et Israël ?