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Wednesday, December 5, 2012

Florange : la nationalisation du site est une option pour Hollande

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François Hollande a rencontré pendant une heure Lakshmi Mittal, mardi 27 novembre. Le patron d'ArcelorMittal a quitté l'Elysée comme il y était arrivé, en toute discrétion, par une porte dérobée. 

Un peu plus tôt, le président de la République a confirmé que la nationalisation était une option dans le dossier des hauts-fourneaux de Florange (Moselle) que le groupe sidérurgique veut fermer.

"La nationalisation fait partie du sujet de la discussion", a déclaré François Hollande lors d'un point de presse commun à l'Elysée avec le Premier ministre belge Elio Di Rupo. C'était la première fois qu'il faisait un commentaire public sur cette affaire.

L'hypothèse d'un passage forcé et temporaire dans le giron public du site sidérurgique lorrain, évoqué la semaine dernière par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, n'a cessé depuis de rallier des soutiens politiques.

"Il y a une sorte d'unité nationale qui se construit progressivement autour du projet de nationalisation temporaire", avant une revente à un autre groupe privé, a déclaré Arnaud Montebourg mardi à l'Assemblée nationale, égrenant la liste des soutiens à sa proposition.

L'idée d'une nationalisation avance dans la classe politique

La pression monte car samedi expire le délai accordé par le groupe pour trouver un repreneur. Après, ArcelorMittal entend commencer les procédures pour fermer les installations.

Le député UMP Henri Guaino, le président du MoDem, François Bayrou, ou le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, ont soutenu mardi l'idée d'une nationalisation et quarante députés PS ont signé un appel de soutien à la proposition Montebourg. D'autres, d'accord sur le fond, regrettent cependant le ton virulent employé par le ministre face à la direction d'ArcelorMittal.

Bras de fer avec le sidérurgiste

François Hollande et Lakshmi Mittal se sont déjà rencontrés au début de l'affaire, il y a un peu moins de deux mois.

L'objectif n'est pas affiché, mais pour Edouard Martin, délégué CFDT de Florange, il s'agit sans doute d'"essayer de remporter le dernier bras de fer" et "convaincre" Lakshmi Mittal "de céder le site".

Car, pour l'instant, le groupe ne veut pas vendre tout le site de Florange, comme le souhaite l'Etat. L'industriel veut fermer les hauts-fourneaux et toute la filière "liquide" (production d'acier brut), qui emploient 650 personnes, mais entend conserver "l'aval", c'est-à-dire la transformation d'acier en produits industriels élaborés.

Or, l'Etat a seulement trouvé des repreneurs intéressés par tout le site. Il veut donc forcer la main d'ArcelorMittal, qu'il accuse de ne pas avoir tenu ses engagements.

20.000 emplois en France

Le groupe a mis dans la balance ses 20.000 salariés en France, affirmant que nationaliser Florange serait de nature à remettre en cause la présence du numéro un mondial de l'acier dans l'Hexagone.

"Mittal, on le connaît très bien, il ne connaît que le rapport de force", a déclaré Edouard Martin.

Mais plusieurs voix se sont élevées pour critiquer la virulence d'Arnaud Montebourg, très en pointe sur le dossier.

Le gouvernement français a lui assuré ne pas craindre d'éventuels départs d'investisseurs. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a reçu mardi des représentants des grands fonds d'investissement anglo-saxons (BlackRock, Morgan Stanley, JPMorgan ou Pioneer). "J'attendais des questions" sur Florange et "la surprise a été qu'il n'y en a pas eu", a déclaré Pierre Moscovici à la sortie. Selon lui, "chacun peut comprendre que ce dossier est un dossier particulier".

(Avec AFP)

Hollande va tenter de calmer le jeu avec ArcelorMittal

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L'avenir des hauts-fourneaux de Florange sera discuté mardi 27 novembre à l'Elysée. Le président François Hollande reçoit "en toute fin d'après-midi" le patron indien du groupe ArcelorMittal, avec lequel Arnaud Montebourg a entamé un bras de fer en menaçant de nationaliser le site.

François Hollande ne s'est pas exprimé publiquement sur un éventuel passage dans le giron public de Florange, mais il n'a pas bridé son bouillant ministre du Redressement productif quand celui-ci a commencé à menacer le sidérurgiste de nationaliser son site lorrain, une hypothèse qui a rallié ces derniers jours plusieurs soutiens politiques, y compris à droite.

L'Elysée n'a pas communiqué à quelle heure le patron d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, serait reçu par le président. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés au début de l'affaire, il y a un peu moins de deux mois.

Les déclarations de Montebourg en cause

Henri Guaino, député UMP et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, juge mardi que Arnaud Montebourg, a "tort d'utiliser la polémique" mais que, "sur le fond, il a raison".

De son côté, le groupe a mis dans la balance ses 20.000 salariés en France, affirmant que nationaliser Florange serait de nature à remettre en cause la présence du numéro un mondial de l'acier dans l'Hexagone.

Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, où sont installés d'autres hauts-fourneaux d'ArcelorMittal, a regretté lundi soir des "déclarations à l'emporte-pièce" sur ce dossier, ciblant implicitement Arnaud Montebourg.

Vers une nationalisation ?

Quant à une nationalisation, "aucune éventualité ne peut être exclue à condition qu'elle s'appuie sur une expertise des forces et faiblesses de la filière et si elle intègre l'impact sur les autres sites français", a prévenu l'ancien ministre, alors qu'un des hauts-fourneaux de Dunkerque est déjà à l'arrêt.

Arnaud Montebourg a haussé le ton sur le dossier depuis quelques jours, à l'approche de la date couperet du 1er décembre, qui verra expirer le délai octroyé par l'entreprise au gouvernement pour trouver un repreneur aux hauts-fourneaux. Faute de quoi, ils seront mis définitivement en sommeil.

Le coeur du problème est le périmètre des activités dont veut se débarrasser ArcelorMittal.

Le gouvernement a indiqué la semaine dernière avoir reçu deux offres, mais seulement pour l'intégralité du site, donc comprenant le laminoir à chaud (transformation des grosses plaques d'acier, les brames, en rouleau de tôle plus fine), et les lignes de traitement et de finition de l'acier, dont ArcelorMittal ne veut pas se séparer.

La famille Mittal choquée

Arnaud Montebourg avait alors donné de la voix, allant même jusqu'à affirmer: "nous ne voulons plus de Mittal en France", avant de tempérer lundi son propos en affirmant qu'il n'en avait qu'après les "méthodes" du groupe qui relèvent "du non-respect des engagements, du chantage et des menaces".

L'entourage de la famille Mittal avait fait savoir que ses membres étaient "extrêmement choqués" par la teneur des propos.

L'homme d'affaires Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe éponyme et habitué de négociations houleuses avec l'industrie agro-alimentaire, a livré lundi soir son analyse personnelle: "peut-être que Montebourg joue celui qui met le glaive pendant que le président va recevoir Mittal (...) et ils trouveront peut-être une porte de sortie sous la pression".

(Avec AFP)

Tuesday, December 4, 2012

Hollande, l’homme qui rit dans les tempêtes

François Hollande sur le parvis de l’Elysée, le 30 novembre 2012 (Michel Euler/AP/SIPA)

Voici un homme heureux. Jovial. Facétieux, semble-t-il. Qui nous désigne un spectacle, hors-champ, que nous ne voyons donc pas, mais manifestement de nature à le réjouir. Quel est ce spectacle ? C’est Le Lab d’Europe 1 qui l’explique. François Hollande, vendredi matin, vient de recevoir Jean-Luc Mélenchon. Il s’apprête à accueillir sur le perron Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE).

Et voici la bonne blague : il explique à ses copains photographes (dont celui de Reuters, qui a déclenché au bon moment) avoir fait en sorte (horaires minutés, portes dérobées) que les deux ne se croisent pas. Le bruit et la fureur contre le bourreau de la Grèce, en effet, la rencontre aurait pu faire des étincelles.

Et l’idée, la représentation, le fantasme de cette rencontre qui n’aura pas lieu l’amuse, manifestement. On ne peut pas éternellement faire une croix sur les petites blagues. Se fûssent-ils croisés dans les couloirs de l’Elysée, le spectacle n’eût pas manqué de saillies, de répliques, de piquant. Peut-être le ton fût-il monté.

Au fond, pourquoi ne pas en rire ? La rigueur sur l’Europe, les menaces sur l’Espagne et le Portugal, les Grecs qui renoncent à se soigner, tout ceci peut aussi se regarder du balcon, comme une pièce de boulevard, n’est-ce pas, avec amant en caleçon qui s’éclipse par la fenêtre.

Heureux homme. Il aura, dans les mois qui viennent, bien d’autres occasions de s’égayer. Pendant le week-end, à en croire Libération, il a retenu par la manche Montebourg, qui menaçait de démissionner, après avoir été humilié par Ayrault, à propos du repreneur fantôme des hauts-fourneaux de Florange, qu’il (Montebourg) assurait avoir trouvé.

Imaginez la scène si Montebourg menace de croiser Ayrault, si Mittal croise les syndicalistes de Florange, si Merkel croise n’importe qui : on n’a pas fini de rire.